Laisse tes rêves être plus grands que tes peurs et tes actions être plus fortes que tes paroles 

proverbe africain ?

 

Au commencement, il y a : une envie, une peur, une décision, un départ.

La peur est, selon moi, le sentiment qui peut le plus immobiliser quelqu’un dans sa vie et, c’est également vrai pour les voyages. Pourtant, un jour, j’ai décidé de partir et, de partir toute seule. Cela s’est fait en plusieurs étapes bien sûr. Il s’est passé 7 ans entre mon premier voyage et mon break d’un an. Ce temps était nécessaire pour faire sauter tous les verrous qui m’empêchaient de réaliser ce rêve un peu fou que j’avais caché au fond de moi.

J’en ai donc mis du temps ! Du temps pour trouver le bon moment (breaking news : il n’existe pas. Le bon moment c’est le moment où vous le décidez, quelque soit ce qu’il se passe dans votre vie) et, surtout, du temps pour franchir la ligne psychologique que je m’étais moi-même fixée. Evidemment, je ne connais pas toutes vos situations. Alors, je vais simplement vous parler de mon cas. Mon tout petit cas parmi les autres. En espérant que cela vous aidera à, pourquoi pas, faire ce que vous avez envie de faire.

Partir en voyage, c’est faire un saut dans l’inconnu. C’est bouleverser son quotidien, c’est vouloir assouvir une curiosité qu’on ne retrouve plus tous les jours. Et, ce qui est dingue, c’est que ça fonctionne aussi bien pour un weekend à deux heures de chez soi que pour une année à l’autre bout du monde. C’est une envie de découvrir, de se découvrir et de pousser ses limites.

Nombreuses sont les personnes qui me répètent que je suis très courageuse parce que j’ai osé partir. Seule en plus ! Oui. Non. Peut-être. Je ne me sens vraiment pas plus courageuse que les voisins. Nous avons tous nos propres limites. Pour moi, ce sera un voyage de dix mois toute seule en sac à dos, pour le voisin ce sera une soirée ciné en mode solo. Tout ceux qui ont envie de faire quelque chose peuvent le faire. Sans aucun doute. Et, ils seront tous aussi courageux que j’ai pu l’être.

J’ai pris la décision, certes. Mais, je suis passée par bien des étapes avant de le faire. Faire des petits pas hors de ma zone de confort m’a permis de gagner en confiance au fur et à mesure.

  • La peur de l’inconnu

Tu ne sais pas où tu vas. Tu ne sais pas ce que tu vas trouver. La plupart du temps, tu ne sais pas où tu vas dormir, ni ce que tu vas faire.

Mon premier voyage toute seule c’était en Nouvelle-Zélande. 2012. J’étais tellement stressée que j’avais tout planifié. Bon, pas vraiment tout. Je m’étais laissée une part de risque. Il me manquait quelques auberges. Waouh, quelle folie ! Pas la première, bien entendu, ni la dernière, évidemment. Quelques auberges au milieu. Pour moi, c’était ça ma part de risque. Je savais exactement ce que je voulais faire et ce que je voulais visiter. Avec le recul, je me dis que j’étais beaucoup trop préparée et, aujourd’hui, je ferai les choses différemment. Mais, c’était mon état d’esprit du moment et c’est ce qui m’a permis de me rassurer par rapport à la peur de l’inconnu.

  • La peur de tout quitter

Mes amis, ma famille.

Quitter les gens qu’on aime est très compliqué. On ne va plus les voir, on ne va plus être auprès d’eux, on va rater des événements, bons ou mauvais. Et, on ne pourra pas les aider. Je me suis donc sentie carrément égoïste. Oui, leur vie va continuer et je n’en ferai plus parti.

Par contre, toute communication ne s’arrêtera pas du jour au lendemain. Magie de la technologie, il y a du wifi partout. Mais vraiment, partout partout ! Et, paradoxalement, je me suis même sentie plus proche de certaines personnes en partant que lorsque j’étais en France.

Mon boulot, ma carrière.

Un an, c’est vrai, c’est long. C’est perdre son réseau, perdre ses habitudes, perdre ses repères dans un monde du travail qui va de plus en plus vite. Et … en même temps … un an … dans une carrière … c’est pas si long que ça, non ? Ce facteur n’a pas réellement pesé dans ma décision. C’est un coup d’arrêt, c’est sûr. Et, le retour n’est vraiment pas évident. Mais, aujourd’hui, les gens qui ont un an de « trou » dans leur CV ne font plus peur. Parce que ça se démocratise. Parce qu’on en voit de plus en plus. Parce qu’il y a une explication. Parce qu’on arrive à capitaliser au niveau humain sur tout ce qu’on a vécu pendant un an (bien entendu, je vous ferai un article sur la reprise du travail). Et si, un an c’est trop long pour vous. Entre 0 et 12 mois, il y a quand même tout plein de possibilités 🙂

  • La peur de ne pas savoir quoi faire

Qu’on se le dise, aujourd’hui, voyager est super facile. Grace à l’invention du … téléphone. Aaaah, qu’est-ce qu’on ferait sans notre téléphone. Toujours dans le sac, ou même carrément dans la main. Sur la table au restaurant ou sur le bureau. Comme je le disais, il y a de la connexion partout.

Tu veux savoir où dormir: booking, hostelworld.

Tu veux savoir quoi visiter: les blogs.

Tu veux savoir comment y aller: google maps, maps.me.

Tu veux savoir comment les gens ont fait: facebook.

Et, même s’il n’y a pas de connexion, on ne sait jamais une pénurie incroyable. Il reste encore les gens et les guides papiers.

  • La peur de ne pas réussir à me faire comprendre

Avant mon premier voyage solo, c’était, une de mes plus grandes peurs. J’avais un anglais plus que modeste. Je n’avais jamais pratiqué en dehors de la France. Et, les fois, où j’étais allée à Londres et à New York, j’avais laissé les gens parler pour moi. J’arrivais à faire quelques phrases mais je mettais toujours tellement de temps pour m’exprimer que la conversation continuait sans moi. Mais là, je partais. Seule ! Je ne pouvais donc compter sur personne d’autre. J’essayais de me rassurer. Au pire, je parle à personne pendant un mois. C’est pas si grave. Au pire, je fais des dessins sur un papier. Au pire, je fais des mimes. Au pire, je reste dans la même ville et on en parle plus.

Quand mon avion s’est posé à Auckland. J’étais tellement fatiguée que je n’ai pas eu le temps de stresser et tout s’est enchaîné assez rapidement. J’ai suivi le mouvement jusqu’à la douane. Je suis tombée sur une dame très gentille. Puis, j’ai resuivi le mouvement jusqu’au bus. Evidemment, j’avais déjà repéré le bus, l’arrêt, le chemin jusqu’à l’auberge. J’ai discuté avec le chauffeur, de nouveau, un monsieur très gentil. Quelques dizaines de minutes plus tard, je récupérais mon lit pour faire une petite sieste. J’étais tellement fière de moi que toute appréhension était partie. J’allais y arriver sans aucun doute.

  • La peur de partir seule

Toute seule, non mais toute seule quoi ! La fille, elle a pas de mecs, pas de famille, pas d’amis en fait ! Oui, alors … non !

Ma famille va bien, je vous remercie. Mes amis aussi. Et non, pour le coup, je n’avais pas de mec au moment où j’ai pris la décision de partir en Nouvelle-Zélande. Entre temps, j’en avais rencontré un et il m’a vu partir toute seule parce que … je ne lui ai absolument pas proposé de m’accompagner.

La Nouvelle-Zélande, c’était un rêve pour moi. Le pays le plus éloigné de la France. Le pays des hobbits. Une terre de rugby. Je voulais y aller, je voulais VRAIMENT y aller. Et, quitte à aller aussi loin. Autant le faire pour longtemps. Autant que ce que mon boulot de l’époque me le permettait. Un mois ! Avec qui partir … très bonne question ça ! Et, en fait, les gens ont des boulots différents avec des contraintes différentes, des envies différentes, des vies différentes. Mais, je ne voulais pas non plus abandonner ce voyage. Sachant que, oui, j’avais déjà commencé à me renseigner sur internet. Alors, j’ai pris la décision. Toute seule. C’est parti. J’allais partir toute seule.

Ça n’a pas été facile je l’avoue. J’ai changé d’avis 25 fois avant de prendre des billets d’avion. Non remboursable, bien sûr. Au moins, j’étais obligée de partir maintenant. Je n’allais pas gâcher autant d’argent. Plus le jour approché plus j’étais stressée. J’ai même pleuré dans le RER qui m’emmenait à l’aéroport. Ridicule. Et puis, je suis montée dans l’avion et vous savez déjà ce qu’il s’est passé à mon arrivée.

Ce que vous ne savez pas encore c’est que trois ou quatre jours après mon arrivée, j’ai rencontré une de mes grandes copines de voyage. Marine ! que je vois toujours aujourd’hui et avec qui je suis partie à San Francisco, à Vienne, en Thaïlande, en weekend spa 😀 … Six ans d’amitié et de voyage pour l’instant !

Même pour les plus timides d’entre nous, les rencontres sont nombreuses dans les auberges de jeunesse. Pour une heure ou plusieurs jours, vous allez forcément faire de belles rencontres.

  • La peur du regard des autres

Ma plus grande peur je pense. Avec mon voyage seule en Nouvelle-Zélande puis, en Australie quelques années plus tard, j’avais éliminé toutes les peurs dont j’ai parlé. Il ne me restait plus que celle là.

A mon âge avancé, à l’heure où tout le monde s’installe, se marie, fait des enfants. Au moment où clairement toutes mes soirées ont été modifiées, je faisais un peu tâche dans mon entourage. Et oui, célibataire, sans enfant une fois passée la trentaine. C’est moche. « Elle est foutue ». « Elle est dans la merde ». « Elle doit forcément avoir un problème celle là ». Et oui, j’ai un problème. Je ne pense pas comme tout le monde. Pourquoi ? je ne sais pas. Comment ? je ne sais pas. Qu’est-ce que je vais faire ? je ne sais pas. C’est pas l’âge où je suis censée répondre à ces questions justement ??? J’étais (je suis) trop en décalage et c’était pesant.

Mais, finalement, peut-être que je n’ai pas envie de suivre cette route que tout le monde emprunte. Donc, pourquoi est-ce que je continue d’essayer de rentrer dans un moule qui, à l’évidence, ne me correspond pas. C’est vrai ça. Je ne dirai peut-être plus ça dans quelques années mais, pour le moment, c’est mon état d’esprit.

Vous voulez connaitre mon petit secret ? pour essayer au maximum de faire taire cette peur, j’ai décidé de ne pas parler de ma décision. Je l’ai gardé pour moi toute seule pendant des jours, qui se sont transformés en semaines, qui se sont transformés en mois. Juste le temps d’être d’accord avec moi-même. Juste le temps de me blinder pour que chacune des remarques désobligeantes que j’allais me prendre en pleine tête ne me dérange (presque) pas.

J’ai fait sauter ce dernier verrou et … je suis partie.

Et voilà.

Voilà comment il m’a fallu 7 ans, entre mon premier voyage et ma grande décision. Voilà comment j’ai surmonté une à une toutes mes peurs. Voilà comment j’ai attendu le dernier moment pour prendre la décision de faire un break d’un an. Ce moment où, vraiment je n’en pouvais plus. Où, vraiment, rester me faisant encore plus peur que partir. J’avais sûrement besoin d’en arriver là pour me rendre compte de ce que je voulais vraiment.

J’aurai pu aussi aborder d’autres peurs. Celle de tomber malade. Celle de la catastrophe naturelle. Celle de l’insécurité. Celle de me perdre. Celle de ne pas avoir assez d’argent. Celle de ne plus avoir de projets longs termes. Etc. Mais, elles n’ont pas vraiment pesées. Et, en y repensant, je me dis que, finalement, les autres ont sûrement eu plus peur pour moi que moi je n’ai eu peur pour moi-même.

Ensuite … je suis revenue. Et ça, ça fait aussi vraiment flipper ! Mais, c’est encore une autre histoire … que je garde pour plus tard parce qu’en attendant, il y a eu le voyage ! Et, en voyage aussi, j’ai eu peur !!! 

Est-ce que vous avez eu d’autres peurs que je n’évoque pas dans cet article ? Est-ce que vous êtes prêts à prendre une décision qui vous tient à cœur ?

4 thoughts to “La peur de partir en voyage

  • Patyn

    Fière de toi ma poule😉
    Joli recul..jolie hauteur de vue…ca te va bien..les voyages et les retours aussi..pour mon plus grand plaisir…

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    • Marlysae

      Merci Julie ♥️😍♥️

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  • Pap

    Trop forte Lilouch
    Biyoussssss

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    • Marlysae

      💪💪

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