Jouer la sécurité est le choix le plus risqué qu’on l’on puisse faire

de Sarah Ban Breathnach

 

Après avoir surmonté toutes mes peurs liées au départ, je suis partie !! Oh yeah !! A moi la liberté totale ! Ah oui, tiens mais en fait, c’est un peu flippant parfois.

En vérité, cet article aurait pu être vraiment très court parce qu’en voyage, je n’ai qu’une seule et unique règle: si je ne le sens pas, je ne le fais pas. Même si le voisin le fait. Même si tout le monde essaie de me convaincre du contraire. Même s’il n’y a presque jamais eu de problèmes (qu’on se le dise, le risque 0 n’existe pas). Parce que, je me dis que, si je ne le sens pas, je ne vais pas le faire à fond. Et, ce serait dommage, de passer à côté ou, justement d’avoir l’accident parce que je n’étais pas 100% dans le truc.

Par exemple, c’était très très clair dans mon esprit que je n’allais pas descendre la Ruta de la Muerte (route de la mort) à vélo en Bolivie. Non mais les gars, c’est annoncé dans le nom. C’est la route de la mort ! C’est quand même pas bien compliqué ! Je sais bien qu’il n’y a plus de voitures et qu’au pire je me casse le bras. Mais, mon bras, j’y tiens en fait. Je voyageais avec un canadien et un anglais à ce moment là. Ils ont essayé de me convaincre. Mais, non, désolée, je passe mon tour. Voilà, voilà. Quand ils sont revenus, en un seul morceau je vous rassure, ils étaient ravis. Et … j’étais ravie de ne pas l’avoir fait. Tout le monde est content, c’est parfait dans le meilleur des mondes.

 

Pourtant, la peur n’exclue pas le danger et, la prudence non plus. Sur dix mois, j’ai eu quelques frayeurs. Oh ouiiii. Et, pas qu’une fois !

  • Escortée par un policier en vacances

Entre Lima et Trujillo. Pérou.

Mon voisin dans un bus de nuit était un policier en vacances qui avait envie de parler. Et, de parler. Et, de parler. Jusqu’au moment où il sort … son arme … chargée … et son stock de munitions. Bizarrement, à ce moment là, c’est moi qui n’était plus très chaud pour parler. Ce bus de nuit m’a semblé interminable !

  • Un stop forcé

La Paz. Bolivie.

Entre Copacabana et La Paz, je prend un bus de touristes avec mes compagnons de voyage du moment. Popcorn et film. La base du trajet en amérique du sud. Il fait nuit, on arrive dans 20 minutes quand le bus freine. Mais, freine … freine ! on est tous projetés en avant. On roule sur quelque chose. Le canadien a côté de moi me dit immédiatement de baisser la tête et de fermer les yeux. La voiture de devant vient de percuter un cycliste et nous venons … de lui rouler dessus. Petit moment de flottement. Personne ne comprend vraiment ce qu’il se passe. Deux – trois personnes du bus veulent descendre. On les en empêche. On demande des premiers secours mais, il est malheureusement trop tard et, surtout, les locaux ne veulent pas que ce bus de touristes reste coincé. Il dégage la personne de manière peu délicate et on repart.Je suis contente de n’avoir rien vu. Et, j’étais aussi très contente d’avoir pu débriefer ce qui venait de se passer avec mes deux camarades qui, eux, avaient tout vu.

  • Poursuivie par un pervers

La Paz. Bolivie.

Je n’étais pas censée être là, mais mon bus a été annulé et je dois donc prendre celui d’après. Deux heures d’attente. Alors, qu’il était déjà 22h00. Je me suis posée sur un banc quand il m’a attrapé le bras. Je me suis dit que ce n’était pas volontaire et je me suis donc décalée. Il m’a suivi. Il voulait plus. Beaucoup plus. Et … personne ne faisait rien. Nous étions comme transparents. Ma détresse était comme transparente. Je me suis réfugiée dans les toilettes. Ce qui n’était vraiment pas une bonne idée car, évidemment, il m’attendait à la sortie. Je ne savais pas quoi faire ni où aller. Mais, je ne pouvais pas rester enfermée dans les toilettes pendant deux heures non? Je me décide finalement à sortir. Je me dirige vers le bureau de la compagnie de bus où j’avais déposé mon sac à dos. Je n’ai rien dit. Je n’ai pas eu besoin de dire quelque chose. Le responsable m’a ouvert la porte et je me suis réfugiée dans les bureaux. Finalement, c’était plus de peur que de mal mais, je crois que j’ai retenu mon souffle jusqu’au départ de mon bus.

  • Prise dans la circulation

Siem Reap. Cambodge.

Pour visiter les tempes d’Angkor, nous (coucou Margaux) avions notre petit conducteur de tuktuk préféré. Ce matin là, il y avait beaucoup de circulation. Des voitures. Des camionnettes. Du bruit. Le van devant nous freine. Notre chauffeur, lui, met quelques secondes à freiner. C’est trop tard. Nous nous prenons l’angle arrière. Il pose un pied à terre. Nous sommes déséquilibrés et je vois son genou frapper avec violence l’arrière de la voiture. Il rétablit en une seconde l’embarcation et nous continuons notre route. Aussi incroyable que cela puisse paraître, confortablement installées derrière, nous n’avons pas bougé. Il passe un coup de fil, vérifie que sa machine n’a rien et continue sa route. Il ne veut pas s’arrêter mais il se tient la jambe. Nous lui demandons si tout va bien. Il répond à peine et nous emmènera comme si de rien était à notre première destination du jour. Dans cette histoire, nous avons eu plus peur pour lui que pour nous. De la tôle froissée, un gros bleu et un gros trou dans son jean, il s’en sortira bien. Ouf !

  • Plantée dans un arbre

Vang Vieng. Laos.

Alors qu’on était en buggy dans une descente, les freins nous lâchent. On prend de la vitesse, rate le virage et on dégringole dans le ravin pour se planter dans un arbre environ six mètres plus bas. C’était rapide. C’était violent. C’était même très violent. Et, je peux vous dire que j’ai eu la peur de ma vie. Les pensées les plus folles m’ont traversé l’esprit. Après le choc, je ne savais plus comment je m’appelais, je ne savais même plus quelle langue parler avec mon ami espagnol qui conduisait. Lui n’a absolument rien, moi … je m’en sors miraculeusement bien au regard de ce que ça aurait pu se passer. Je peux vous dire que nous avons fêté notre bonne étoile le soir même. Et, le lendemain soir. Et, les jours qui ont suivi !

 

Il peut s’en passer des choses sur la route !

En vérité, je n’ai jamais vraiment ressenti de sentiment d’insécurité. Même en Amérique du Sud où les gens m’avaient un peu raconté tout et n’importe quoi. Est-ce que j’ai eu de la chance ? oui, sûrement. J’ai aussi respecté les règles de base en terme de sécurité. Je ne montrais pas mon argent ou je ne prenais pas cette petite ruelle mal éclairée. Je faisais attention à mon sac mais sans non plus tout enfermer dans les casiers. Au final toutes ces histoires auraient pu m’arriver en France, à Paris. Dans le métro ou en rentrant chez moi.

Des petites frayeurs à me raconter ? 

 

2 thoughts to “La sécurité en voyage

  • pap

    Quelle lecture !!!
    Je découvre la peur rétrospective !!!
    Bon ben je préfère quand même le savoir, mais je suis que heureux que tu sois revenue entière.

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    • Marlysae

      😅😚😚

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