Vous avez déjà voulu vous mettre au régime … sans succès. Puis essayer encore … et ne pas y arriver. Et re-recommencer. Et toujours échouer (ça fonctionne aussi avec la cigarette, le sport ou encore les bonnes résolutions) ? Cette histoire, c’est un peu l’histoire de ma vie. En fait, je ne le savais pas encore mais, tout ça, c’est la faute de mon petit cerveau. Ou plus particulièrement d’une partie de mon cerveau: le striatum.

J’ai découvert ça pendant une conférence organisée par le Mouvement Up*. Je vous avais déjà parlé de ce mouvement qui est ma principale source de conférence et je vous avais fait un résumé des solutions possibles (parmi tant d’autres) pour Voyager l’impact léger.

 » Réchauffement climatique, crise écologique et sociale à venir… Nous en sommes conscients pourtant nous ne parvenons pas à réagir. Et si l’origine du problème se trouvait dans la constitution même de notre cerveau ? Le striatum, la partie de notre structure cérébrale qui a permis la survie de l’espèce, nous pousserait aujourd’hui à agir comme des addicts du plaisir, incapables de penser au futur et aux conséquences de nos actes à long terme. Mais la neuroscience suffit-elle à expliquer notre incapacité à agir ? Une nouvelle norme sociale peut-elle nous amener à changer ? « 

*Le Mouvement Up est une des activités transverses du Groupe SOS. Je vous encourage vivement à aller visiter leur site internet pour découvrir l’étendue de leurs interventions. En résumé, le Mouvement Up, ce sont des évènements (conférences principalement), des productions et un réseau social.

Au programme de cette conférence, un échange passionnant entre un spécialiste de la neurobiologie moléculaire (Sébastion Bohler) et une psychologue sociale de formation qui allie sa formation au thème de l’environnement (Barbara Bonnefoy) qui tenteront de nous expliquer l’origine de notre immobilisme intellectuel.

Notre cerveau nous empêche-t-il d'être écolo by La Fille aux Ballons
Photo by Holger Link

Le fonctionnement de notre cerveau

Le striatum

Le constat est simple: nous savons qu’il se passe quelque chose et pourtant, nous ne faisons rien. Pire, nous continuons de creuser notre tombe. Le processus s’accélère car la population augmente et sa consommation aussi. L’Humain est considéré comme très intelligent et pourtant, il détruit son propre habitat. Sommes-nous stupides ? Où est donc le problème? Se situe-t-il dans notre cerveau ?

Notre cerveau est composé de plusieurs parties dont une partie qui permet la création et l’intelligence (développement assez récent – environ 200 000 ans) et une autre partie (le striatum) qui permet de subvenir à nos besoins les plus primaires (dans l’ordre) :

  • Manger;
  • Se reproduire;
  • Dominer les autres;
  • Faire le moins d’effort possible;
  • Capter le plus d’information.

Chaque fois qu’un besoin est satisfait, le cerveau envoie de la dopamine dans le corps et nous nous sentons bien. Relaxé. Détendu. Au bon endroit, au bon moment.

Sauf que …

Un ami qui nous veut du mal

Les besoins ont évolué avec le temps. Le rythme de vie s’est accéléré. C’est peu de le dire. Nous ne nous battons plus pour la survie de notre espèce. Notre espèce n’est pas menacée d’extinction. Autrement dit:

  • Manger = obésité;
  • Se reproduire = consommation excessive de pornographie;
  • Dominer les autres = combat pour le statut social (lutte du pouvoir et de la domination);
  • Faire le moins d’effort possible = système de livraison;
  • Capter le plus d’information = internet.

Notre règle de base (quelque soit le domaine) est la même: consommer, toujours plus consommer. Nos besoins fondamentaux nous conduisent donc aujourd’hui à notre perte. Le système industriel a été basé sur ces besoins fondamentaux, source de dopamine et le piège s’est refermé doucement mais sûrement autour de notre cerveau.

De plus, pour finir ce tableau noir, le striatum n’a aucune notion du temps. Il va se diriger vers les plaisirs immédiats sans penser au lendemain.

(Note La fille aux ballons: je sais pas ce que vous en pensez mais cette remarque résonne tout particulièrement. Notre société se base sur l’instant. J’avais entendu un développeur de jeux sous format d’application dire que les lycéens zappent au bout d’environ 10 secondes et qu’ils avaient donc une dizaine de secondes pour convaincre. Et cela fonctionne pour toutes les strates de la population. Jeune et moins jeune. Nous consommons tout, y compris notre temps.)

Et pour autant pas un ennemi

Le striatum est utile sinon … il aurait disparu depuis bien longtemps ! Comment, alors, ne pas se laisser dominer ? C’est une vaste question. Et bien évidemment, nous ne sommes pas tous égaux. Ce serait bien trop simple. La règle principale est de ne pas le combattre. Cela est inutile. Comme s’énerver pour que quelqu’un change ou encore faire un régime beaucoup trop drastique ce qui conduira fatalement à l’échec.

Une des réponses est la pleine conscience. Un plaisir par la modération. Prendre le temps de manger, prendre le temps d’apprécier, prendre le temps de vivre.

(Note La fille aux ballons: c’est assez drôle parce que la pleine conscience, c’est aussi vivre dans l’instant et dans l’immédiateté.)

Notre cerveau nous empêche-t-il d'être écolo by La Fille aux Ballons
Photo by Ryoji Iwata

Comment l’environnement influence notre cerveau

A la naissance, l’humain est dépendant des autres. Les parents, mais aussi l’ensemble de son écosystème peuvent le façonner. Ces influences se portent sur le développement et le comportement. Ceux qui doutent de ce fait peuvent regarder comment il se comportent en société. Il y a Moi, Moi avec les autres, Moi avec la réligion, Moi avec la politique, etc. L’être humain est composée de plusieurs facettes.

Notre vie est donc basée sur nos propres besoins. Mais, pas que. Elle est aussi basée sur celle de la société, de la politique et des structures sociales. L’éducation apparaît alors comme un pilier fondamental. Pour autant, ce pilier n’est pas solide car il est lui-même basée sur une société qui évolue moins vite que les gens.

L’immobilisme naît du message contradictoire qu’il y a entre l’école / le travail et ce qu’il faudrait faire. Autrement dit entre un système de compétition et d’entraide / d’empathie.

La peur comme moteur contre l’immobilisme ?

Face à la peur, nous ne sommes pas tous égaux (encore … décidément!). Il existe trois grandes réponses possibles:

  • la sidération: l’incapacité d’agir;
  • le combat: l’envie de mouvement, prendre le taureau par les cornes;
  • la fuite: l’évitement, penser à autre chose.
Notre cerveau nous empêche-t-il d'être écolo by La Fille aux Ballons
Photo by Ben White

Mais alors, quelles solutions ?

Pas de recettes magiques pendant cette conférence, plutôt des pistes de solutions où chacun peut aller puiser pour trouver sa vérité et son moyen d’action:

  • La vie en collectivité dans des éco-lieux :
    • pas de hiérarchie entre les habitants;
    • notions d’exemplarité et d’égalité de traitement;
    • acte de renoncement par rapport à ce qu’on connait.
  • L’exemple ou comment l’écoresponsabilité devient à la mode.
  • L’encouragement, l’empathie, l’entraide, etc.
Le syndrome de la honte

La honte est une émotion sociale très puissante car elle a la capacité de faire changer les choses. Pour cela, il faut que la question écologique devienne une valeur morale de base de notre société. On y arrive doucement mais on y est pas encore.

Pour autant, les risques d’abandons sont élevés si la récompense n’est pas à la hauteur des attentes (trouver un équilibre entre la carotte et le bâton). Le mieux étant, bien sûr, de faire les choses par envie et non pour une récompense, quel qu’elle soit.

Conclusion

Pour Sébastien Bohler, il nous faut cultiver et enseigner l’altruisme, la pleine conscience et la pure connaissance.

Pour Barbara Bonnefoy, il faut pousser la créativité.

Notre cerveau nous empêche-t-il d'être écolo by La Fille aux Ballons
Photo by Kristopher Roller

Cette conférence m’a tout simplement passionnée et je n’ai pas vu le temps passé. J’aimerai vraiment creuser ce sujet et j’espère avoir (prendre) le temps de lire le livre de Sébastien Bohler « Le bug humain. Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher » (si jamais quelqu’un l’a déjà lu et veut le céder … je prends !).

Est-ce que cela vous parle ? Est-ce que vous êtes d’accord ou pas ?

2 thoughts to “Notre cerveau nous empêche-t-il d’être écolo ?

  • pap

    Merci pour ces infos
    la peur ou plutôt les peurs sont également un moteur très puissant en terme d’émotions !!!

    Répondre
    • Marlysae

      Yes. Et pourtant pas trop pour le sujet écolo. Un peu comme les publicités pour la sécurité routière ou les images sur les paquets de cigarette. Dans ces cas là, la peur ne fonctionne pas vraiment vraiment.

      Répondre

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