Il n’y a rien de meilleur que l’ivresse de se sentir seul et content de l’être 

de Normand Rousseau

 voyage solo la solitude by la fille aux ballons

Deuxième épisode de ma série consacrée au voyage en solo:

  1. Voyage solo #1: pourquoi ?
  2. Voyage solo #2: la solitude
  3. Voyage solo#3: les bienfaits d’être seul

Qu’est-ce que la solitude en fait ? (je vous rassure, je ne suis pas là pour faire de la philosophie).

On peut très bien être entouré et se sentir seul et, à l’inverse, être seul et se sentir complètement en phase.

Est-ce que, parfois, j’ai été toute seule ? Oui, évidemment. Est-ce que je me suis sentie seule ? Pas une seule fois. Je peux le répéter pour ceux qui ne me croient pas. Pas une seule fois, je ne me suis sentie seule. Je me suis sentie triste, oui. Fatiguée, nostalgique, stressée. Mais, pas une seule fois, je ne me suis sentie seule. Seule au point de vouloir rentrer, seule au point de regretter ma décision.

voyage solo la solitude by la fille aux ballons

Pour tout vous dire, pendant mon voyage, j’ai rencontré du monde. Tout le temps. Partout. Tous les jours. Dans les auberges de jeunesse bien sûr, dans les bars, dans les bus, dans la forêt, dans des voitures après avoir fait de l’auto-stop (oui, madre, on arrête de stresser, j’ai fait un tout petit d’auto-stop), des bavards, des timides, des relous, des gens cools. J’ai rencontré tellement de personnes que, parfois, c’était trop. J’avais besoin d’être seule, de me retrouver, de réfléchir. Je faisais donc exprès de ne parler à personne, de ne pas croiser de regard, de rester dans mon coin. Et, je passais ma soirée avec un film ou un livre.

Pour cet article, je me suis dit que le mieux était de répondre à vos interrogations (celles évoquées en introduction de l’article #1 de cette série).

  • Partager ce que l’on ressent, communiquer ses émotions

« Je ne pourrai jamais partir seul, j’ai besoin de partager ce que je suis en train de vivre »

Les émotions peuvent se partager avec les proches qui sont restés au pays. Ils ont déjà voyagé, ils sont en mesure de comprendre l’émerveillement que j’ai pu ressentir devant certains paysages par exemple. Mais, je suis d’accord, le mieux est, effectivement, de partager avec quelqu’un qui comprend vraiment et qui est donc sur place. Et là, la vie est super bien faite ! parce que des gens qui comprennent, il y en a partout autour de vous. Donc on échange, on partage, on rigole, on pleure.

« Je ne pourrai pas faire ce que tu fais, j’ai besoin d’amis. »

Tout le monde a besoin d’amis. A besoin de se sentir entouré et aimé. Je ne me suis jamais sentie seule ou isolée ou non aimée. Et, je vais vous dire même plus. Certaines personnes sur la route vivaient exactement les mêmes choses que moi. Elles me comprenaient à la perfection parce qu’elles pensaient exactement comme moi. Je suis devenue proche de ces personnes très rapidement, c’est comme si on se connaissait depuis toujours.

« Tu t’es fait des amis sur la route? »

Oh oui !

Pour en finir avec cette notion de partage d’émotions, je vais vous raconter une anecdote. Sud Lipez. Bolivie. Le plan, c’est de voir le lever du soleil sur Isla Incahuasi, une île de cactus au milieu du salar de Uyuni. Nous étions un groupe de 5 personnes et, évidemment, sur place, nous retrouvons d’autres groupes. C’est absolument magnifique. Cette étendue de sel, ce lever de soleil, cette île improbable. Je suis tellement émue, que je m’isole. Mon regard se perd dans le vague, les larmes me montent aux yeux. J’attends que l’émotion passe quand je me rends compte, qu’en fait, il n’y a plus de groupes. Tout le monde est assis dans un coin, plus personne ne parle. Puis, à son propre rythme, nous sommes redescendus pour prendre le petit-déjeuner tous ensemble. Et, comme si de rien était, nous avons parlé de tout sauf de ce qui venait de se passer. Nous ne ressentions pas le besoin de partager, et nous ne l’avons pas fait. Nous avons gardé en nous cette beauté, cette émotion, nous l’avons transformé en souvenir et, nous sommes passés à autre chose.

Ce que j’ai appris ce jour là, c’est qu’il y a aussi des choses qui ne se partagent pas. Des choses que je garde en moi, rien que pour moi et que, de toute façon, si je les exprime, je vais les détériorer et je vais casser la magie.

  • Noël, Nouvel an, anniversaire, activités

« Mais, comment tu fais pour aller au restaurant ? « 

Et bien, j’y vais ! Je ne vais pas me laisser mourir de faim ou ne pas faire un truc que j’ai envie de faire.

Sur Paris, je suis déjà allée au restaurant toute seule. Je suis également déjà allée au cinéma seule ou lire dans un parc par exemple. Parce que, quand je veux faire quelque chose, je ne m’empêche pas de le faire. Le cinéma, c’est assez facile. De toute façon, on ne parle pas trop pendant le film. Dans les restaurants, j’ai plus ou moins commencé à cause du travail. Je me retrouvais toute seule un midi, loin de chez moi, j’avais faim. Il n’y avait pas 36 mille solutions. Tout ça pour dire que ce n’était pas vraiment difficile pour ce genre de choses.

« Tu vas faire comment à Noël ou au Nouvel An ? »

Et bien, j’ai fêté les fêtes de fin d’année avec des gens. En mode soirée … ou presque !

Pour Noël, j’étais à Ushuaïa (Argentine). J’ai passé la nuit du réveillon dans l’aéroport de Buenos Aires, avec un film. Le 25 décembre, nous sommes partis, une petite dizaine de voyageur, dans un pub irlandais pour partager pizzas, vin et bière. A refaire le monde. A comparer nos traditions. Nous avons trop mangé, nous avons trop bu. Comme un Noël qui se respecte. Ce fut une excellente soirée !

Pour le Nouvel An, j’étais à El Calafate (Argentine). Après une longue journée de randonnée d’environ 30km, j’étais épuisée. J’ai partagé un dîner tout simple à base de pâtes et de légumes avec les trois garçons de ma chambre. Repas en toute simplicité. Je suis partie me coucher vers minuit sans aucun regret.

  • Les difficultés

« C’était pas trop dur ?  » / « Tu pars seule … seule. Ça va être quand même difficile non? « 

Partir: non. voyager: non. Etre seule : non. Les moments difficiles : un peu compliqué à gérer mais, finalement, la solidarité est assez incroyable.

Le voyage n’est pas une ligne droite toujours facile. Il y a eu des difficultés, il y a eu des moments de doute, il y a eu quelques problèmes.

« Et, tu te sens capable de voyager toute seule … mais genre, vraiment toute seule, toute seule ? c’est bizarre »

Oui ! Un grand oui ! Finalement … je suis peut être une fille bizarre. Mais … j’assume et j’adore !!! Au final, on se met souvent nos propres barrières.

  • La solitude

« Je pense souvent à toi et cela me rend triste de te savoir toute seule aussi loin »

Il ne faut pas être triste pour moi. Je fais exactement ce que je veux faire

« Tu as eu des moments de solitudes ? »

Non, aucun moment de solitude !

voyage solo la solitude by la fille aux ballons

 

Alors, dans quelle circonstance est-ce que je me suis sentie fatiguée ou nostalgique ou triste. Tout simplement, lorsqu’il se passait quelque chose en France et que, je n’étais pas là. Cela est, évidemment, lié à l’éloignement et non pas la solitude. Durant cette année, j’ai raté: le premier anniversaire de ma nièce, le deuxième anniversaire de ma filleule, deux enterrements de vie de jeune fille, un mariage, une soirée que j’avais aidé à organiser, des dizaines d’anniversaire, une annonce de grossesse, deux naissances. L’année a été sacrément bien remplie !

J’ai grandement pensé à tous ces moments que j’étais en train de rater. Tous ces instants de vie auxquels je ne participais pas. Tous ces souvenirs qui ne seraient jamais les miens. Sur le moment, j’y ai pensé, j’ai envoyé un petit message, une petite vidéo. J’ai essayé d’avoir les histoires, les potins, les ressentis de chacun. J’ai récupéré les photos que j’ai soigneusement rangé. Je voulais me dire que je n’avais pas vraiment raté le truc, que j’étais quand même là. Un peu. un tout petit peu.

J’ai tellement aimé cette façon de voyager que, je peux vous le dire, j’appréhendais un peu mon arrivée en Asie où j’allais enchaîner: deux semaines avec Coco (allemande rencontrée aux Etats-Unis), deux semaines avec Margaux et deux semaines avec Marine. Je n’avais plus l’habitude de voyager avec quelqu’un. J’avais l’impression que je ne savais tout simplement plus comment faire. J’avais peur de perdre mon indépendance, mon autonomie. Les premiers jours, je n’arrêtais pas de me dire « si j’avais été toute seule, je n’aurai pas fait ça …  » « si j’avais été toute seule, je n’aurai pas perdu tout ce temps … ». Ça me gâchait un peu mon expérience. Puis, j’ai lâché prise. Et oui, je n’étais plus toute seule donc ça servait à rien de lutter. Si je voulais faire les mêmes choses seules, je n’avais qu’à repartir toute seule. Mais, je voulais être avec mes copines donc, j’ai vu le bon côté des choses. Je ne passais à côté de rien, je vivais les choses différemment c’est tout !

Finalement, vous vous en doutez, tout s’est très bien passé et … j’étais bien contente de retrouver quelques jours solo entre toutes ces visites.

« Les gens ne t’ont pas trop manqués ? « 

Evidemment que les gens m’ont manqués ! Et, c’est une parfaite transition pour le troisième article de cette série. Rendez-vous la semaine prochaine.

Des moments de solitude en voyage solo pour vous ?

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